mardi 30 octobre 2012

La nouvelle taxe sur les pensions sème la discorde parmi les retraités

(Source: Capital.fr)
Si le projet de loi de finances de la Sécurité sociale est adopté en l'état par le Sénat, les retraités assujettis à la CSG au taux de 6,6% devront s'acquitter d'une contribution additionnelle de 0,30% mensuel sur leur pension de retraite, à partir de 1er avril 2013. Cet arbitrage vous paraît-il satisfaisant ?
Marc Bader : C'est une mesure totalement injuste. Pourquoi sur 16 millions de retraités, seuls 7,5 millions doivent payer ? Parmi les retraités imposables, ceux qui payent un taux réduit de CSG (3,8%) y échapperont (ndlr, ils sont 2,5 millions). Le problème est que nous arrivons à une aberration : après avoir cotisé toute notre carrière, nous allons encore cotiser pour financer nos propres retraites. Et nous serons tout autant impactés par les hausses d'impôts générales comme la redevance télé qui passe à 129 euros, le durcissement de la fiscalité pour les emplois à domicile, la fin de la majoration pour les retraités ayant 3 enfants... A force, c'est notre pouvoir d'achat qui est clairement menacé. Or, il faut savoir que le montant moyen des retraites tous régimes confondus ne s'élève qu'à un peu plus de 1.200 euros par mois. Et c'est sans compter une probable augmentation de la CSG de 6,6% à 7,5%.
Capital.fr : Les retraités ne sont cependant pas les seuls à être mis à contribution pour réduire le déficit...
Marc Bader : Nous avons bien conscience que les retraités doivent participer à l'effort de réduction du déficit. Mais nous exigeons que ces prélèvements soient clairement affectés au financement de la dépendance. Plutôt que de verser les 700 millions d'euros collectés chaque année grâce à cette contribution additionnelle au Fonds de Solidarité Vieillesse pour combler les déficits des caisses de retraite, nous préfèrerions qu'ils soient totalement alloués à la CNSA (Caisse nationale de solidarité pour l'autonomie) afin de financer la dépendance.
Capital.fr : Les partenaires sociaux doivent entamer des négociations, à partir du 22 novembre, pour faire face à la dégradation des comptes plus rapide que prévu des régimes complémentaires. Quelle est la position de la CFE-CGC ?
Marc Bader : Ces négociations s'annoncent houleuses, en particulier si elles s'appuient sur les mesures d'économie que viennent de nous transmettre l'Arrco et de l'Agirc. Dans ce document, les complémentaires envisagent de bloquer la revalorisation des pensions prévue au 1er avril. Elles proposent aussi d'augmenter la valeur du point de 3,5% sur 5 ans. Racheter des points coûtera donc plus cher aux futurs retraités. Autre chapitre qui risque d'affaiblir le revenu des veufs et veuves : le calcul de la pension de réversion devrait passer de 60% à 54% du revenu du conjoint décédé pour s'aligner sur le régime de base. Mais la proposition qui devrait semer la discorde est celle qui concerne les périodes de chômage. Celles-ci pourraient, en effet, n'être prises en compte dans le calcul du nombre de points, qu'une fois les cotisations dûment payées. Or, l'Unedic est très en retard sur ses paiements. Enfin, nous devrions acter la mensualisation des cotisations en 2014, afin de faciliter la gestion de la trésorerie des caisses complémentaires.
Propos recueillis par Sandrine Chauvin

samedi 27 octobre 2012

Les caves de l'agroalimentaire se rebiffent


Vu sur MarianNE

Crédit : CHAUVEAU/SIPA
Crédit : CHAUVEAU/SIPA
Compte tenu des enjeux sanitaires liés à l’obésité et aux maladies cardiovasculaires, questions chaque jours plus présentes dans les préoccupations des consommateurs, on sent les lobbies de l’industrie agroalimentaire fébriles depuis quelques temps. D’autant qu’ils ont échappé de peu à une nouvelle réglementation sur les emballages, intitulée « feu tricolore », dont le principe est de signaler par un logo rouge, orange ou vert les différents degrés de risques nutritionnels des aliments. Projet retoqué de façon scandaleuse au parlement de Bruxelles après un lobbying d’une rare agressivité.

Il a donc suffi  que le Ministre délégué à l’agroalimentaire, Guillaume Garrot, déclare l’autre jour sur Europe1 que la réduction des sucres, du sel et des graisses hydrogénées dans l’alimentation des Français était une nécessité pour que Jean-René Buisson, président de l’Ania (Association nationale des industries alimentaires) que l’on avait connu plus avisé du temps où il travaillait pour Danone aux côtés de la famille Riboud, monte sur ses grands chevaux et menace de boycotter l’ouverture du Sial (Salon international  de l’alimentation). Après avoir décroché son téléphone en appelant Philippe Mauguin, directeur de cabinet de Stéphane Le Foll, Ministre de l’Agriculture et de l’agroalimentaire, pour obtenir des assurances, il recevait un appel de Marie Guittard, conseillère en agroalimentaire auprès du Premier Ministre pour lui dire que les problèmes soulevés par Guillaume Garrot n’était pas à l’ordre du jour du gouvernement.

Rassuré, Buisson s’est fendu d’un compte rendu à son Conseil d’administration disant que le directeur de cabinet condamnait les propos du Ministre délégué et qu’il pouvait même en faire état dès lors qu’il ne mettait pas en cause le gouvernement dans son ensemble. Contacté par Marianne, Philippe Mauguin dément catégoriquement et indique avoir seulement précisé au patron de l’Ania que la lutte contre l’obésité qui est une vraie priorité, ne passait pas par « les feux tricolores ». Il semblerait que dans sa colère, M. Buisson ait pris ses rêves pour des réalités. Quant à Guillaume Garrot, il est dans son rôle de ministre de gauche défenseur des intérêts et de la santé de ses concitoyens.

La vérité est que la malbouffe est une réelle inquiétude pour les Français, surtout au niveau des enfants, et qu’il faudra bien un jour que cette question trouve toute sa place dans le débat  politique. Pour l’heure, considérons que le terme agroalimentaire, même s’il est un réel enjeu économique pour la France, sonne mal quand on en fait un titre ministériel. François Hollande aurait été mieux avisé en donnant la priorité à l’alimentation et non aux marchands de Premix et de Nutella. 

jeudi 25 octobre 2012

Lutter contre le néo-libéralisme - Comment mettre fin à l’exil fiscal


Par Par Salim Lamrani

Le souhait de magnat français Bernard Arnaud d’acquérir la nationalité belge a relancé le débat sur l’exil fiscal et le refus des gros patrimoines de s’acquitter de leur devoir tributaire. Pourtant, il existe une solution simple et efficace pour mettre fin à l’évasion fiscale légale.

Bernard Arnaud, première fortune européenne et quatrième fortune mondiale avec 40 milliards d’euros, dont le salaire annuel s’élève à 10 millions d’euros et dont les placements lui rapportent chaque année 200 millions d’euros, a effectué une demande de naturalisation afin d’obtenir la nationalité belge1 . D’aucuns soupçonnent l’homme le plus riche de France de vouloir échapper ainsi à son devoir de citoyen, comme plusieurs dizaines de milliers d’exilés fiscaux qui ont choisi de s’installer dans des pays étrangers tels que la Suisse, la Belgique, le Royaume-Uni ou autre, qui offrent des avantages non négligeables pour les plus aisés2 .
Entre 1988 et 2006, 0,01% des Français les plus riches, environ 3 500 foyers fiscaux, ont vu leur revenu réel augmenter de 42%. En guise de comparaison, sur la même période, les 90% les moins aisés ont bénéficié seulement d’une hausse de 4,6%3 . Ainsi, l’évasion fiscale légale et illégale coûte chaque année 50 milliards d’euros à l’Etat français. Avec une telle somme, 500 000 logements sociaux à 100 000 euros pourraient être construits chaque année, ou bien on pourrait créer plus de 1,5 millions de postes dans l’éducation, la santé, le social ou la culture.
En Suisse, dans certains cantons, les résidents étrangers ne sont pas imposés sur leurs revenus et leur patrimoine, mais uniquement sur leur train de vie, ce qui rend ses territoires très attractifs pour les plus fortunés. Dans ce pays, où résident près de 2000 exilés fiscaux français, les 43 familles les plus aisées cumulent à elles seules une fortune de 36,5 milliards d’euros4 .
Pour répondre à la problématique de l’exil fiscal, l’argument dominant en France, défendu par les milieux économiques, la droite et une certaine partie du centre-gauche, consiste à préconiser une baisse du taux d’imposition pour les catégories les plus aisées. D’ailleurs, dès son élection en 2007, l’ancien président Nicolas Sarkozy avait fait adopter le bouclier fiscal – dispositif tributaire selon lequel les revenus d’un contribuable ne peuvent pas être taxés à plus de 50%5 .
Pourtant, il existe un mécanisme applicable et efficace pour mettre un terme à l’évasion fiscale légale. Actuellement, l’imposition est liée au lieu de résidence. Ainsi, un exilé fiscal français qui choisit de vivre plus de six mois par an en Suisse devient automatiquement un contribuable suisse et bénéficie ainsi de sa législation avantageuse. Il en est de même pour le ressortissant français qui s’installerait au Luxembourg, au Royaume-Uni ou en Belgique.
Pour mettre un terme à cette dérive qui prive l’Etat français, et donc les citoyens, de ressources conséquentes, il suffirait simplement de lier l’imposition à la nationalité et non pas au lieu de résidence, et d’appliquer une taxation différentielle. Ce dispositif mettrait automatiquement un terme à ce fléau. Ainsi, un contribuable français réfugié en Suisse qui ne serait imposé qu’à hauteur de 35% dans son nouveau lieu de résidence, au lieu de 41% en France par exemple, serait légalement contraint de payer la différence à l’Etat français, c’est-à-dire 6%, rendant ainsi inutile toute expatriation pour des raisons d’ordre fiscal.
Cette pratique existe déjà dans des pays tels que les Etats-Unis. Les citoyens étasuniens installés à l’étranger payent exactement le même montant d’impôts que leurs compatriotes restés sur le territoire national, et sont taxés à raison de leurs revenus mondiaux. D’un point de vue technique, tous les pays du monde remettent chaque année au Département du Trésor une liste des ressortissants étasuniens établis chez eux. Ainsi, l’exil fiscal n’est plus possible, la seule alternative pour échapper à l’impôt étant l’évasion fiscale illégale.
Pour contrer ce type de délit, le Congrès étasunien a adopté une loi qui permet à toute personne – en particulier les employés des grandes banques – qui fournirait des informations sur des cas de fraude fiscale d’obtenir jusqu’à 30% des sommes récupérées par l’Etat. Ainsi, Bradley Birkenfeld, ancien employé de la banque suisse UBS, s’est vu remettre la somme de 104 millions de dollars pour avoir livré des informations « exceptionnelles à la fois par leur ampleur et leur étendue », sur les délits d’évasion fiscale commis par les clients étasuniens de la Banque. Cette information a permis au fisc étasunien de récupérer une somme de cinq milliards de dollars et d’obtenir la liste de tous les fraudeurs ayant un compte bancaire chez UBS6 .
La France et l’ensemble des nations européennes et du monde seraient bien avisées d’adopter un modèle tributaire qui permettrait d’appliquer une taxation différentielle, en liant l’imposition à la nationalité et non au simple lieu de résidence. De la même manière, pour lutter contre l’évasion fiscale illégale, qui constitue une  spoliation caractérisée de la richesse nationale et citoyenne, les délinquants en col blanc doivent être plus sévèrement sanctionnés, à la hauteur du préjudice causé. Les plus fortunés devront alors faire un choix : leur nationalité et leur argent.

mercredi 24 octobre 2012

Soixante-dix députés ont osé voter contre le TSCG.


Soixante-dix sur cinq cent soixante-huit votants, c’est peu.

Soixante-dix contre quatre cent soixante-dix-sept qui ont voté pour, c’est peu.
Mais soixante-dix qui, venant de tous les horizons politiques, ont osé se dresser contre les consignes d’état-major, contre l’intense pression médiatique, contre le conformisme, contre les petits calculs politiciens, contre la lâcheté servile, cela, en vérité, fait beaucoup.
Ce Traité sur la Stabilité, la Coordination et la Gouvernance, contient trois mensonges pour le prix d’un.
Quelle stabilité, quand on voit dans le rapport récent du FMI, posté sur ce carnet, que les mécanismes mis en oeuvre depuis 2010 n’ont fait qu’aggraver la crise? Quelle stabilité encore quand on voit la dépression que connaissent certains des pays en crise? Parler de stabilité est ici un mensonge flagrant.
Quelle coordination quand on sait qu’il n’y a de coordination qu’entre des agents libres, sinon c’est à une autorité hiérarchique que l’on a affaire, et qu’il n’y a dans ce traité qu’asservissement à des agences dites indépendantes ? Ce Traité organise en fait le dépérissement de la démocratie en Europe avec la fin de l’autorité suprême des Parlements nationaux en matière budgétaire. Or, il faut s’en souvenir, c’est par le consentement à l’impôt que commence la démocratie.
Quelle gouvernance enfin dans un Traité qui est en fait inapplicable et qui n’a pas d’autres fonctions que d’être violé à peine signé ? Est-ce ainsi que l’on croit créer un « bonne gouvernance » dans les mots dont on se gargarise à Bruxelles et ailleurs ?

Le meilleur des mondes est en marche ! Que fait-on alors ?


Lundi 22 octobre 2012

Par Évariste
Quel merveilleux monde nous avons ! Plus de Sarkozy, rien que du Hollande ! La gauche au pouvoir avec tous les pouvoirs dans toutes les institutions. Avec un slogan qui ne peut que nous faire plaisir : « Le Changement, c’est maintenant ! ». Il paraît qu’il y a encore des aigris, des citoyens qui n’ont pas encore compris que nous sommes dans le Nirvana. Sanofi s’allie à Coca-Cola pour lancer des boissons « beauté » dans les pharmacies françaises, vous voyez bien que nous sommes dans la félicité ! Quand je pense que des personnes sarcastiques osent encore dire que « les promesses n’engagent que ceux qui y croient ». Ces « emmerdeurs » mériteraient un traitement de type Pussy Riots à la Poutine !
D’autant que nos François, Jean-Marc et autres Harlem, Marisol et Manuel font tout ce qu’ils peuvent  pour contenter le MEDEF. Mais contenter le MEDEF pour nos socialistes, c’est lutter pour le changement. Reprendre la même position que le MEDEF sur le projet de la Métropole marseillaise, n’est-ce pas la meilleure façon d’effectuer le changement ? Reprendre l’analyse du MEDEF sur la nécessité de diminuer, voire de supprimer les cotisations sociales, n’est-ce pas le bonheur du changement ? Participer à l’agenda réactionnaire de l’église catholique avec le sémillant ministre des cultes, l’honorable Manuel, le 22 septembre dernier à Troyes pour fêter la béatification de Louis Brisson, opposant notoire à la loi de 1905 et dimanche prochain au Vatican pour assister à la canonisation du sieur Berthieu, missionnaire colonial dans les villages de Madagascar pour lutter contre le soulèvement anti-colonial du peuple, est-ce le changement espéré ?
En fait, ce gouvernement communique pour nous endormir ! Mais par derrière, c’est la politique du sabre et du goupillon qui s’applique ! Même pas le respect des luttes de la gauche dans l’histoire ! Le gouvernement de « gôche » et l’ordolibéral qui dirige la Sécu veulent maintenir mais contenir les dépassements d’honoraires ! Merci pour le maintien de la privatisation de la santé !
Et la politique du logement, où la nouvelle niche fiscale, le « Duflot », rapportera plus aux riches que le dernier avatar du « Scellier »  ?

La cotisation sociale

Sur la revendication du MEDEF d’entrer dans un processus de suppression des cotisations sociales, doit-on rappeler que l’abaissement des cotisations sociales n’aura aucun effet sur la « compétitivité » des entreprises car nos « concurrents » ne sont pas les pays les plus développés mais bien les pays émergents avec un rapport salarial de 1 à 10. Pourquoi ? Pour ce que qui reste de l’industrie française, elle relève de la gamme moyenne pratiquée par les pays émergents des BRICS (Chine, Inde, Brésil, Afrique du sud, Russie) et des pays sous influence de ces pays, et non du haut de gamme à forte valeur ajoutée des pays les plus développés !
Et que donc un abaissement des cotisations sociales est ipso facto un cadeau en termes de profit dans les entreprises. Et que cette augmentation du profit est utilisé dans la spéculation financière mondiale. Et ensuite parce que l’institution salariale de la Sécurité sociale basé sur la cotisation sociale est l’une des principales bases d’appui pour un modèle politique alternatif au modèle néolibéral en général et ordolibéral pour le cas de l’Europe. Toucher à la cotisation sociale comme l’avait souhaité Sarkozy avec la mission Yves Bur, c’est retarder la possibilité d’une transformation sociale et politique.

Les inégalités territoriales et sociales

Un livre vient de sortir, La crise qui vient (Seuil) de l’urbaniste Laurent Davezies. Cette étude sur les inégalités territoriales et sociales montantes au sein de notre beau pays reprend une idée du géographe Christophe Guilluy qui montrait le phénomène de « gentrification », à savoir le départ massif des couches populaires (53% de la population) en zones périurbaines et rurales en provenance des villes-centres et même des banlieues qui deviennent de plus en plus des zones de transit. Il montre que l’accroissement du chômage depuis 2007 touche principalement les communes qui se trouvent au centre des zones périurbaines et rurales avec des niveaux de chômage de 10,5 à 15,4% soit une augmentation de 33,7% à plus de 50%.
Bien sûr les « nouveaux chiens de garde » des médias n’habitent pas à Tergnier, Gien, Issoudun et autres lieux semblables. Ils n’habitent que les villes-centres et ne craignent donc que les banlieues, d’où l’obsession médiatique sur les banlieues avec un oubli total des endroits où se concentrent de plus en plus les couches populaires  !

Le modèle allemand

Et on continue de nous empoisonner avec l’idée que l’Allemagne est un modèle. Bien sûr, c’est le pays le plus puissant aujourd’hui. Mais à quel prix sur le plan des inégalités sociales ? Pire qu’en France ! C’est cela que l’on veut ?
Selon les statistiques officielles, les 10 % des Allemands les plus riches qui possédaient 45 % de la richesse privée du pays en 1995 en possédaient 53 % en 2008, alors que les 50 % du bas de l’échelle se partagent 1 % (contre 4 % en 1995). Entre les deux, les Allemands qui se situent entre le 6e et le 9e décile détiennent 46 % de ce patrimoine, contre 51 % au milieu des années 1990.
Est-ce si reluisant ?

Et si on parlait de l’Union européenne ?

Les pays européens tombent en récession les uns après les autres ? Même l’Allemagne sera à terme touché car son excédent commercial est en grande partie réalisé avec les pays européens qui entrent en récession.
Les plans d’austérité se développent partout : 100 milliards d’euros sur deux ans en Espagne (10% du PIB), 24 milliards en Grèce (12% du PIB), 50 milliards en Italie soit 3% du PIB et 30 milliards en France soit 1,5% du PIB. Ces plans contaminent toute l’Union européenne via le commerce intra-européen car toutes les économies sont aujourd’hui interdépendantes contrairement au dogme ordolibéral qui voudrait qu’une cure d’austérité dans un pays n’ait pas de conséquence ailleurs.
Les ventes de détail à l’intérieur des pays qui ont sauvé la France jusqu’à aujourd’hui, c’est comme Capri, c’est fini ! Nous allons donc suivre la Grèce (-35%), l’Espagne(-25%), le Portugal (-17%), l’Italie (-12%), l’Allemagne(0%).
La production industrielle est en baisse partout. Les commandes dans les entreprises baissent partout. La croissance de la zone euro en rythme annuel risque d’être d’environ -2%. Pour l’Italie, on en est à -3%, -1,6% en Espagne, -5,6% au Portugal, -7% en Grèce.
Le chômage croît partout à vitesse grand V ! On prévoit de 500.000 à 600.000 chômeurs en plus en France d’ici un an !
Le Mécanisme européen de stabilité et le Traité budgétaire qui ont été votés par l’UMP et le PS vont mener à une politique d’austérité sans fin car les chiffres ci-desssus entraîneront chez les
ordolibéraux UMP et PS la volonté sans fin de l’austérité, seule capable de continuer à financer leur politique de mort !
Si on ajoute à cela que les 1000 milliards d’euros prêtés par la BCE aux banques privées à but lucratif pour les actionnaires au début de janvier et mars de cette année et qui n’ont pas servi principalement à l’activité économique mais à renforcer les fonds propres et les dépôts à la BCE des dites banques, on ne peut pas compter sur les bienfaits du développement privé !
Peut-être que l’honorable Manuel, ministre des cultes, a trouvé la solution ! En étant présent à la béatification et à la canonisation de deux « salopards » de l’église catholique, peut-être espère-t-il régler les problèmes économiques et sociaux de la France par la prière évangélique orchestrée partout par les amis de l’Opus dei, cette extrême droite catholique qui a pris le contrôle du Vatican !
Et ce ne sont pas les gesticulations de Montebourg qui n’ont aucun effet sur les plans sociaux qui changeront la donne !
Si on ne réussit pas à faire plier les Allemands, ce qui est probable dans les circonstances actuelles (voir les analyses de Michel Zerbato dans Respublica) , il nous restera la possibilité de nous préparer politiquement à l’implosion du système ou de désobéir comme l’ont fait
l’Argentine, l’Equateur et l’Islande avant nous. Mais pour cela, il faudra bien admettre que le changement, ce n’est pas que le PS fasse voter le traité budgétaire élaboré par Sarkozy et Merkel, mais bien que la gauche fasse une autre politique que celle qu’à menée l’UMP hier et que mène le PS aujourd’hui.

PLFSS, PLF, réforme fiscale

Et si on parlait du Projet de loi de financement de la Sécurité sociale (PLFSS) en cours de discussion ? En dehors de quelques satisfactions comme la fin de la convergence privé-public dans les hôpitaux, c’est un PLFSS ordolibéral de plus qui perpétue la privatisation des profits et la socialisation des pertes en matière de santé et de protection sociale, qui ne répond pas aux besoins sociaux et sanitaires de la population et qui ne lutte pas contre la croissance des inégalités sociales de santé. D’ailleurs la CNAF et la CNAM ont émis un vote négatif sur le PLFSS.
Quant au Projet de loi de finances (PLF), disons que cela va dans le bon sens mais à dose tellement homéopathique que son insuffisance est hyper criante dès le départ. Et en tous cas c’est insuffisant pour mener la transition démocratique, laïque, sociale et écologique nécessaire.
L’alignement de la fiscalité du capital sur celle du travail marque un pas en avant mais pourquoi s’arrêter à une tranche à 45 % (41 % aujourd’hui), taux nettement inférieur à de nombreux pays étrangers ?
Pourquoi plafonner certaines niches fiscales au lieu de les supprimer ? Pourquoi s’arrêter à 2 000 euros pour le plafonnement du quotient familial ?
Pourquoi maintenir le gel du barème de l’IR qui va impacter des couches moyennes intermédiaires malgré l’aménagement de la décote ?
Pourquoi que le retour de l’ISF est plus avantageux pour les plus riches que l’ISF qui prévalait avant la réforme de 2011 ? Pourquoi avoir maintenu les niches fiscales de l’ISF ?
Pourquoi ne pas avoir rétabli un impôt progressif plutôt que de faire une tranche à 75 % purement symbolique qui donnera à peine 200 millions d’euros soit beaucoup moins que les gains réalisés par les riches pour l’ISF (par rapport à leur situation avant la réforme de 2011) ?
Une seule réponse à cela : il ne faut pas trop mécontenter les marchés, les riches et les couches moyennes supérieures(15 % de la population) ?
Dommage, une vraie réforme fiscale et sociale est pourtant nécessaire pour sortir de la crise. Mais peut-être que faire une politique pour les couches populaires (53 % de la population) et les couches moyennes intermédiaires (24 % de la population), c’est au-dessus des forces d’un président et d’un gouvernement dit socialiste où siège comme ministre des finances celui qui fut il y a quelques mois vice-président du Cercle de l’Industrie, principal lobby des patrons du CAC 40 ?

CRIIRAD : DERNIER COMMUNIQUE MINES URANIUM


Chers amis,

Les 23 et 24 aout 2012 se sont réunies, à proximité de l'ancienne mine d'uranium des Bois Noirs (Loire), les associations luttant contre les effets environnementaux et sanitaires des mines d'uranium en France et au Niger.
A l'issue de cette importante rencontre, les 12 associations (11 associations françaises et une au Niger) ont décidé de créer le « Collectif Mines d'Uranium » et ont signé une déclaration commune (voir documents plus bas en liens).

Si vous désirez des renseignements complémentaires sur cette action n'hésitez pas à nous contacter (de préférence par courriel ou par téléphone lors de la permanence téléphonique du lundi après-midi de 15h à 18h). Ce sujet sera traité dans le prochain Trait d'Union. 


Bonne lecture



Cordialement


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mardi 23 octobre 2012

Copé, NKM et les autres, revanchards et dangereux


Oubliant déjà pourquoi ils ont perdu, les boutefeux de la droite vilipendent l'abaissement de la «France de gauche» tout en faisant le lit de discours de plus en plus extrêmes...


Nathalie Kociusko-Morizet, Jean-François Copé et Nadine Morano au meeting des amis de Sarkozy, le 25 août 2012 -  BRUNO BEBERT/SIPA
Nathalie Kociusko-Morizet, Jean-François Copé et Nadine Morano au meeting des amis de Sarkozy, le 25 août 2012 - BRUNO BEBERT/SIPA
Elles pourraient faire sourire, ces leçons quotidiennes de bonne gestion domestique distribuées par une droite de faillite et en faillite. Après tout, il est cocasse de voir ceux qui ont creusé le déficit budgétaire donner des leçons d'économie. Et ils n'y sont pas allés avec le dos de la pelle puisqu'ils ont fait pis que l'ensemble de leurs prédécesseurs. Ce qui motive sans doute les chefs de la droite à parader et à infliger matin, midi et soir des critiques radicales au nouveau pouvoir. C'est aussi piquant que lorsque les péripatéticiennes prennent la tête des ligues de vertu et prétendent imposer une rigoriste tempérance jamais mise en pratique. 

On pourrait donc se distraire de cette conversion de circonstance si l'opposition, par ses surenchères incessantes, et dans tous les domaines, n'aggravait une crise qui est beaucoup plus qu'économique : psychologique, culturelle et politique. Pendant que le pays brûle d'angoisse, mais aussi de chômage et de détresse, l'opposition joue les boutefeux. 

Que l'opposition s'oppose, certes, quoi de plus classique ? François Mitterrand, que la droite adore citer maintenant qu'il est mort, avait claironné une fois pour toutes : «Il n'y a d'opposition qu'inconditionnelle.» L'ancien adversaire implacable de Charles de Gaulle prétendait alors combattre sans précaution «un pouvoir absolu», qu'il ne servait à rien de prétendre «retoucher ou aménager». Jamais les gaullistes n'avaient accepté cette assimilation du gaullisme à l'absolutisme, et encore moins cette radicalité oppositionnelle qui faisait fi des intérêts de la nation. Et voilà que les descendants du Général, lointains il faut en convenir, adoptent une semblable attitude obtuse qu'ils dénonçaient encore lorsque le PS, pourtant bien timide, y avait recours sous Sarkozy. 

On entendait alors des appels vibrants à l'union nationale du président comme de son Premier ministre, François Fillon, qui affirmaient souhaiter une «attitude plus responsable de l'opposition de gauche». Or, maintenant qu'ils ont perdu le pouvoir, les mêmes se montrent autrement plus opposants que les opposants si longtemps d'une discrétion de rose sans piquants et prennent d'assaut leurs successeurs comme s'il s'agissait d'usurpateurs. 

Sans doute le feu qui gagne prend-il là : la droite tient la gauche pour illégitime ! On dira que ce n'est pas nouveau. Jacques Chirac, alors maire de Paris et président du RPR, avait, après 1981, instruit contre le président Mitterrand un procès en illégitimité qui fit grand bruit. Le camp conservateur avait eu beaucoup de mal à accepter la première alternance de la Ve République et considérait que le pouvoir lui appartenait de droit divin. 

Cette fois, seule Maryse Joissains, maire UMP d'Aix-en-Provence, s'est publiquement permis de déclarer «illégitime» l'élection de François Hollande. Mais, si le mot lui-même n'est pas employé par les leaders, les périphrases qu'ils emploient révèlent la même contestation du fondement de l'autorité présidentielle : le nouveau monarque républicain n'est, pour eux, qu'un bâtard qui n'a qu'une demi-fesse sur le trône. 

Chacun emploie une expression différente, mais toutes concluent à ce même défaut de légitimité. Pour Jean-François Copé, le plus net, le plus caricatural, François Hollande est«une imposture». Parfois, le secrétaire général de l'UMP ajoute, pour faire bon poids, «une double imposture». L'essentiel, c'est la «tromperie» hollandaise qui seule aurait permis la victoire. 

L'ex-ministre Bruno Le Maire invoque, lui, «un immense malentendu», et Nathalie Kosciusko-Morizet, «le fruit du hasard». Impossible d'accepter l'idée qu'Hollande ait pu l'emporter pour des raisons de fond - et notamment de rejet du sarkozysme. Il n'est qu'un accident passager de l'histoire, qui sera balayé comme fétu de paille. François Fillon le souligne lui aussi : «Il n'a été élu que par défaut, avec le soutien de l'extrême gauche et la complicité de l'extrême droite.»Mai 2012 n'aura été que le résultat d'une conjonction incertaine. 

Certains vont jusqu'à refaire encore et encore les calculs. «Si l'on compte les votes blancs et les nuls, Hollande n'a pas obtenu 50 %», certifient ces experts-comptables, qui n'avaient jamais procédé à de tels recomptages quand Chirac, par exemple, avait été élu en 1995 sans pour autant obtenir une majorité des voix. Des mécomptes ridicules? Sans aucun doute, mais qui expriment crûment les arrière-pensées d'une droite qui ne s'est pas résolue à son échec ! D'ailleurs, Sarkozy a gagné ! «S'il y avait eu quinze jours de plus, c'était plié», martèlent-ils avec de furieuses étincelles dans les yeux ! Sauf qu'il a été défait, mais c'est un constat auquel ils ne veulent pas se résoudre. Jamais des battus ne se seront montrés aussi morgueux. Les giscardiens, après 1981, étaient effondrés ; les socialistes, après la déroute de Jospin, étaient à la rue ! Les sarkozystes, eux, marchent au milieu de la chaussée en criant à tue-tête comme s'ils l'avaient emporté ! 

DROIT D'INVENTAIRE CONFISQUÉ

Il faut lire le petit livre de Jean-François Copé, Manifeste pour une droite décomplexée(Fayard) et plus précisément son «retour sur une campagne hors du commun». Certes, il y a bien eu la «défaite», il ose employer le mot, mais c'est pour mieux la mettre sur le dos (large !) du «front médiatique anti-Sarkozy» formé par... Marianne et... l'Humanité. Puis Copé invoque la crise et le Front national. Fermez le ban. Des insuffisances ? Copé, qui tente de se décomplexer, va jusqu'à regretter de ne «pas avoir été assez loin» sur la réforme territoriale, sur celle du marché du travail et sur l'immigration. Trois pages d'examen de conscience sur 203 de dissertation tricolore : «Ah, qu'ils étaient émouvants, nos meetings, avec tous ces drapeaux»... 

Tous ceux qui prétendraient se livrer à un droit d'inventaire plus poussé, comme l'avait esquissé l'ancienne ministre Roselyne Bachelot, sont accusés de vouloir se faire «de l'argent ou de la notoriété sur le dos de Sarkozy» ! 

Et voilà pourquoi votre fille est muette, ou inconsidérément bavarde et agressive, à l'image pathétique de Nathalie Kosciusko-Morizet, qui fut bobo écolo anti-FN avant de devenir porte-parole du candidat extrême-droitisant Sarkozy, puis candidate aux législatives anti-FN et qui, enfin, s'est travestie en pamphlétaire vile dans une tribune du Figaro. Non pas qu'elle manquât de talent, mais NKM visait bas, ce qui mérite qu'on s'y arrête, car elle était un espoir de la politique, croyait-on, qui prétendait haut ! 

La vilenie tenait d'abord à ce qu'elle s'en soit pris au physique, elle qui a toujours abhorré à juste titre les attaques personnelles. Quand elle stigmatise «ces bourgeois de la politique, qui se sont déguisés, bedaines effacées, sourires patelins», c'est bien «François Hollande, le président amateur» (titre de sa tribune) qu'elle attaque et qu'elle roule dans la fange, en l'accusant de «vouloir mettre l'Etat en coupe réglée et se servir...» Aucune preuve. Rien que de la rimaille comme on mitraille contre «des arrogants, des menteurs, des tricheurs [...], un ministre du Budget méprisant. Un ministre de l'Industrie vociférant. Un ministre de l'Economie absent». On ne s'élève pas en rabaissant. Même si «amateur» rime riche avec«tricheur». Mais, si les meilleurs esprits de la droite se laissent aller ainsi à prendre la pente de la facilité, c'est qu'il y a quelque chose de pourri au sein de cette droite. 

Mais il serait inexact d'écrire que l'opposition est lobotomisée. Elle ne l'est que partiellement. Sa partie de cerveau qui imagine encore fonctionner a un nom : Patrick Buisson. 

Ce papiste fondamentaliste venu de l'extrême droite chrétienne antigaulliste aura au moins réussi un miracle : devenir la tête pensante des descendants (bien bas) de ce de Gaulle de qui ses compagnons pro-OAS Algérie française d'hier ourdissaient l'assassinat. Buisson, lui, n'aura pas eu besoin de tirer un seul coup de fusil ; il lui a suffi de leur faire accroire qu'il possédait la martingale populaire gagnante pour l'emporter comme en 2007, en vampirisant l'extrême-droite. Ils ont perdu cette fois en renforçant le Front national, mais l'inspirateur de la stratégie extrême-droitière perdante est toujours là. 

RETOUR DU PATHOS «BUISSONIER»

Patrick Buisson est pourtant plus que jamais là. La jeune génération comme l'ancienne, Sarkozy le premier, se bousculent pour le consulter comme si l'oracle n'était pas une baudruche. La défaite l'a même regonflé de ses certitudes impavides que Jean-François Copé décline en imaginant pouvoir emporter ainsi les suffrages des militants pour la présidence de l'UMP. 

>> Lire aussi notre enquête :  Patrick Buisson est partout 

C'est la surenchère dans la dénonciation de l'assistanat, la stigmatisation du «racisme antiblanc», la revendication d'une sécurité idéologique, c'est-à-dire qui soit la défense de la France catholique des 45 000 clochers - sous les rois, on en comptait 100 000 ! -, la mobilisation contre les valeurs inassimilables de l'islam qui porterait le terrorisme comme les nuées l'orage, l'identité nationale enfin conçue comme un repli sur un passé glorieux alors que la France n'a jamais été grande que lorsqu'elle portait un message de fraternité ! 

Tout ce pathos «buissonier» qui, autrefois, n'alimentait que les journaux d'extrême droite, ce galimatias tient lieu non seulement de colonne vertébrale idéologique pour Jean-François Copé, mais aussi pour une partie de la droite vindicative qui se presse derrière François Fillon.

Tous ces revanchards sont prêts à passer au plan local une alliance avec le FN qu'ils refusent encore au niveau national, mais qu'ils ont déjà scellée dans leurs têtes. Seule l'Europe encore les sépare ! Mais dans les meetings aucun dirigeant de l'UMP n'ose dire haut et fort, tel Chirac autrefois, qu'entre «le FN et [eux] il y a la France». Aujourd'hui, c'est l'abaissement de la«France de gauche» qui est vilipendé et «l'on attise le feu», comme le dit le centriste François Bayrou, comme s'en indigne le gaulliste François Baroin, alors que le pays brûle. 

Le pompon revient au pompier pyromane Copé. Qui pourra jamais croire que le chef de l'UMP nous avait été présenté autrefois par un restaurateur de renom et un humaniste passionné, le regretté Paul Benmussa, qui refusait de recevoir Le Pen dans son établissement, Chez Edgard, en précisant : «Un homme qui n'aime pas la peinture de Chagall n'aimera pas ma cuisine» ? Oui, qui pourrait le croire ?

CHRISTIAN JACOB, MOINS DE TALENT, ON N'A JAMAIS VU 

C'est à n'y pas croire : hier, les chefs des groupes parlementaires, porte-parole de leur tendance lors des grands débats, s'appelaient Jaurès, Clemenceau, Jules Ferry, Gambetta. Plus tard Poincaré, Barrès, Léon Blum, Herriot. Plus tard encore Mendès France, Georges Bidault, François Mitterrand, Michel Debré. Presque tous étaient choisis parmi les meilleurs orateurs et les esprits les mieux faits. 

Or, aujourd'hui, l'un des principaux porte-parole, orateur vedette donc, de la droite UMP s'appelle Christian Jacob. Il n'y a aucune chance que ce nom-là laisse une trace dans l'histoire. Stupéfiante régression. Vertigineuse dégringolade. 

Le cas Christian Jacob est presque un cas d'école. Le député de Provins, qui a remplacé dans sa ville un personnage de qualité, Alain Peyrefitte, est en effet considéré comme... limité. Les journalistes s'en gaussent, mais n'osent pas le dire. Les politiques de droite s'en lamentent, mais ils l'ont majoritairement élu. Pourquoi ? Omerta ! 

Or de quoi s'agit-il ? De l'image que donne d'elle la droite à travers ceux censés incarner sa philosophie et son discours. 

Quand la droite parle - et il y a parmi elle nombre de personnages de valeur et de talent -, c'est Christian Jacob qui parle en son nom et à sa place, et qui, à un public stupéfait, n'en offre qu'une caricature. 

Cette décrépitude peut faire sourire. Elle est grave. D'abord parce qu'elle déconsidère la vie politique. Ensuite parce que, en comparaison, elle fait passer Marine Le Pen pour un mélange de George Sand et de Mme de Staël.

Article paru dans le n°808 de Marianne daté du 13 octobre 2012.

lundi 22 octobre 2012

Peut-on encore enseigner l'économie depuis la crise ?

EMMANUEL LÉVY ET ANNA TOPALOFF - MARIANNE

On pourrait croire que l'enseignement des théories qui nous ont menés dans le mur a été sérieusement repensé depuis 2008. Surprise : il n'en est rien ! Dans les masters d'éco et de finance, dans les grandes écoles de commerce, les futures élites de la nation récitent les mêmes cours - ou presque.

Julio Cortez/AP/SIPA
Julio Cortez/AP/SIPA
Arthur Jatteau est étudiant en sciences économiques à l'Ecole normale supérieure de Paris. Pourtant, quand ses copains lui demandent son avis sur la crise des subprimes ou ce qu'il faudrait faire pour réduire le chômage, il n'a aucune réponse à leur apporter :«Dans mon cursus universitaire, on n'aborde jamais ces questions.» Excédé de voir les mathématiques et les méthodes statistiques prendre toute la place au détriment de l'analyse des mécanismes économiques et de la dimension «sociale» de la discipline, Arthur Jatteau a créé, en 2007, Peps (Pour un enseignement pluraliste dans le supérieur en économie), une association étudiante militant pour une transformation de l'enseignement des sciences éco. Sept ans plus tôt, déjà, un autre collectif d'universitaires faisait le même constat dans une lettre ouverte publiée dans le Monde dénonçant «l'autisme» des cours d'économie. A l'époque, l'initiative avait été très médiatisée... sans que cela se traduise par un réel changement du contenu des enseignements.

Mais, depuis, la crise financière mondiale a révélé au grand jour la faillite du capitalisme financier et l'affaire Kerviel, les pratiques licencieuses en vigueur dans les salles de marché, enfants naturels de celles enseignées dans les amphis. La bulle Internet de 2000 a ridiculisé les analystes des banques qui invitaient les épargnants à placer leurs économies dans des nimportequoi.com. Puis ce furent les affaires Enron et Worldcom. Ces mégascandales financiers ont ramené les maîtres de l'audit et du conseil comme Andersen Consulting au niveau d'aimables bonimenteurs de rue.

En emportant les agences de notation, le dernier joyau de la couronne de la finance, la crise des subprimes a cramé ce qui restait de confiance dans le public. Impossible pour les masters d'économie et de finance de rester impassibles devant ces poussées de fièvre qui donnent à voir le grand corps malade d'une économie mondiale minée par trente ans de libéralisme. Sur leurs sites Internet, tous affichent désormais leur volonté de former des cadres «humains» et tous ont intégré dans leur bouquet de formations des matières aux intitulés délibérément «gauchistes» : «responsabilité sociale de l'entreprise», «éthique des affaires», «finance et déontologie» ou le très en vogue «social business» - toujours en anglais dans le texte. Modification cosmétique ou mutation profonde ? 

CHAIRE DE «SOCIAL BUSINESS»

Nombre d'observateurs penchent pour le masque de beauté. C'est le cas de Nicolas Postel, maître de conférences à Lille-I et secrétaire de l'Association française d'économie politique (Afep), qui entend promouvoir une plus grande diversité des théories économiques dans les amphis : «La théorie dite "néoclassique" sévit toujours dans les cours, alors même que la crise a démontré son inadaptation.» Pour preuve, il rappelle qu'en 2010 «le premier jury d'agrégation de sciences éco "postcrise" était constitué d'un tiers de mathématiciens pur jus. Le message était clair : "Surtout ne changeons rien, continuons d'appliquer les maths à l'économie et à la finance comme si rien ne s'était passé !"»

Un immobilisme qui se retrouve dans le contenu des enseignements eux-mêmes : ainsi, Nicolas Postel a relevé que, dans 90 % des masters finance, «les cours sur la monnaie n'ont pas été modifiés d'une ligne après la crise de 2008, alors qu'ils avaient été conçus à partir de l'hypothèse structurelle de l'efficacité des marchés !»

Dans le même ordre d'idées, la journaliste Florence Noiville, auteur d'une enquête sur HEC (1), signale que, dans la première des business schools françaises, les polycopiés distribués aux étudiants suivant l'option finance en 2012 étaient identiques à ceux de... 2006 ! Quant aux tout nouveaux cours sur le commerce équitable ou la responsabilité sociale de l'entreprise, ils ne bouleversent pas l'ordre établi : «Optionnels et calés le vendredi en fin de journée, ils réunissent à peine 10 pèlerins...»

Pourtant, en 2008, la Haute Ecole de commerce s'enorgueillissait d'avoir opéré une révolution intérieure, avec la création d'une chaire consacrée au social business, coprésidée par Martin Hirsch et Muhammad Yunus. L'objectif ? «Faire comprendre que la lutte contre la pauvreté peut avoir un intérêt économique pour les entreprises», assure Frédéric Dalsace, le responsable du cursus. Un beau programme qui n'a attiré que 80 étudiants... sur 3 000. Trop peu pour parler de transformation radicale du paradigme dominant ! N'empêche, Frédéric Dalsace y croit : «Le processus est long, mais la prise de conscience est là.» 

PRÊCHER DANS LE DÉSERT

Reste que le génie du capitalisme réside dans sa capacité d'adaptation. L'efficacité des marchés a montré ses limites avec la crise ? Qu'à cela ne tienne : les banques regardent désormais du côté de la recherche en neurosciences et des études sur l'économie comportementale. «Pour un nombre non négligeable d'entre eux, les chercheurs dans ces domaines sont encore plus maqués avec les gens de la finance que les précédents», analyse le chercheur Frédéric Lordon. A preuve le trading haute fréquence ou les modèles dits à rationalité limitée qui sont en train de fleurir dans les salles de marché. Cela revient à dire :«Les prix de marché, comme ceux de la Bourse, n'ont en réalité pas de sens, ce n'est pas grave, on joue quand même.»

Voilà pour le court terme, même si à plus long terme ces recherches pourraient contribuer à déboucher sur la remise en cause du capitalisme financier. Même son de cloche chez André Orléan, auteur de l'Empire de la valeur (2), et membre, comme Frédéric Lordon, du collectif« Les Economistes atterrés » : «Comme pour toute révolution copernicienne, un changement de modèle économique a comme préalable qu'un nouveau paradigme soit prêt à prendre la relève.» Le professeur d'économie à Polytechnique, directeur de recherche à l'Ehess, poursuit : «La critique du libéralisme, et notamment de la finance, n'a pas eu sa place au sein de l'académisme. Cela a un peu changé avec la crise, mais il est trop tôt pour qu'émerge en son sein une alternative puissante. Il a fallu deux dizaines d'années pour que l'école de Chicago impose le libéralisme dans le monde académique.»

En attendant, pour dénicher des filières qui ont réellement modifié le contenu des cours, il faut s'éloigner des prestigieuses grandes écoles parisiennes. Ainsi, à la Rouen Business School, neuvième au palmarès 2012 des écoles de commerce établi par le magazine l'Etudiant, la mutation est en marche. Responsable du master finance internationale, Marie-Florence Lamy dit avoir été «choquée» d'entendre, au moment de l'affaire Kerviel, des traders affirmer qu'ils appliquaient des modèles statistiques auxquels ils ne comprenaient rien : «J'ai décidé de refondre tout le contenu du master pour mettre l'accent sur l'analyse des modèles, afin que mes étudiants soient capables de porter un jugement sur ce qu'ils font.» Résultat : le nombre d'heures consacrées à la gestion des risques financiers a été multiplié par deux. 

D'ABORD CHANGER LES RÈGLES

Même évolution à l'Institut d'administration des entreprises (IAE) de l'université Lyon-III. Depuis la rentrée d'octobre 2011, tous les masters 1 doivent suivre huit heures de cours magistral et quinze heures de travaux dirigés en éthique et responsabilité managériale. Patricia Serror, maître de conférences en marketing, a été l'architecte de ces changements : au milieu des années 2000, la jeune femme a carrément menacé de démissionner pour contraindre la direction de la laisser enseigner les bienfaits de l'éthique. Il lui aura tout de même fallu attendre la crise de 2008 pour que ses leçons ne soient plus des options facultatives, mais des cours obligatoires sanctionnés par un examen à fort coefficient. Reste que Patricia Serror veut aller plus loin : «L'éthique ne devrait pas être un cours à part, mais une notion intégrée à toutes les disciplines de gestion - le marketing, la finance, la comptabilité, les ressources humaines... Mon cours est utile parce qu'il pallie un manque, mais mon objectif, c'est que les autres cours soient tellement transformés qu'à terme le mien ne serve plus à rien !»

La prof sait que les oppositions sont nombreuses. A commencer par celles des étudiants eux-mêmes ! L'année dernière, certains élèves ont refusé d'assister à son cours au motif qu'il ne servait à rien. A HEC aussi, les étudiants boudent les leçons aux contenus alternatifs. Florence Noiville rappelle ainsi que «le cours consacré au commerce équitable a été annulé... faute de participants !» Quant au séminaire de déontologie du master finance de l'université Paris-Dauphine, qui figurait au programme dans les années 80, il a été abandonné au début des années 90 en raison du «manque de motivation des étudiants», pour reprendre l'expression de son ancien directeur, Yves Simon. «C'est l'enseignante elle-même qui a souhaité arrêter le cours. Il était obligatoire, donc les élèves venaient, mais ils se contentaient d'attendre que ça passe. A la fin, elle était épuisée de prêcher dans le désert...»

Mais Arthur Jatteau assure que les mentalités ont changé depuis la crise : «Quand je vais présenter mon assoce dans les amphis, je vois que 90 % des étudiants veulent que leurs profs les aident à comprendre le monde d'aujourd'hui - la crise, le chômage, la croissance - et pas seulement à faire des maths.» Pour le jeune thésard, ce sont plutôt les profs qui traînent la patte : «Analyser les fondements de la crise, ça demande plus de boulot que de refaire le même cours de maths depuis vingt ans !» D'autre part, certains ne cachent pas leur désaccord politique avec ce virage à gauche. Combien de fois Patricia Serror a-t-elle entendu ses collègues lui lancer : «Moi, j'enseigne la performance économique, pas le droit social !», quand elle leur suggérait d'évoquer la question de l'éthique avec leurs étudiants.

Mais, en ce qui concerne les formations en finance, le blocage n'est pas qu'idéologique, il est aussi institutionnel. Les masters finance sont parmi les cursus les plus professionnalisant. Si celui de l'université de Paris-Dauphine figure en tête des classements, c'est parce qu'il forme les étudiants au plus près de la réalité des salles de marché. En clair : «On enseigne la finance telle qu'elle se pratique, pas telle qu'on la rêve !» pour reprendre l'expression d'Yves Simon, son fondateur. Un dilemme qui va jusqu'au tragique pour le responsable d'un autre prestigieux master de finance parisien. Persuadé d'avoir ouvert la boîte de Pandore de la crise en enseignant les mathématiques financières aux futurs traders, il a plongé dans la folie. Se rendant personnellement responsable de la crise, sa décompensation a carrément nécessité un internement en hôpital psychiatrique !

Plus pragmatique, Yves Simon affirme que croire qu'il suffira de réformer le contenu des cours pour moraliser le capitalisme, c'est prendre le problème à l'envers. «Que le politique change d'abord les règles en vigueur sur les marchés, et ensuite j'enseignerai à mes étudiants ces nouvelles règles plus morales», lance-t-il. Mais jusqu'à maintenant, souligne-t-il avec un sourire ironique, «la volonté politique a manqué...» François Hollande, qui assurait pendant la campagne électorale que son «seul adversaire» était «le monde de la finance», sait donc ce qu'il lui reste à faire s'il veut que les traders de demain ne recommencent pas les erreurs d'hier. 

(1) J'ai fait HEC et je m'en excuse (Stock, 2009).
(2) Seuil, 2011. 

ÉTATS-UNIS. MON PROF EST UN DÉLINQUANT EN COL BLANC !

C'est la dernière mode dans les facs américaines : confier le cours d'éthique des affaires -intégré dans les formations en économie et en finance depuis plus d'une décennie - à un délinquant financier repenti ! Ainsi, dès sa sortie de prison au début 2012, Andrew Fastow, l'ancien directeur financier d'Enron, s'est rendu à la Leeds Business School de Boulder, dans le Colorado, pour y faire amende honorable devant plus d'un millier d'étudiants. Condamné à six ans d'emprisonnement en 2006 pour avoir participé à la dissimulation des pertes de l'entreprise, il a invité les futurs businessmen à ne pas suivre sa voie... Même mea culpa public, cette fois devant les élèves de la Forster School Of Business de l'université de Washington, pour Jeffrey Greenstein, ancien dirigeant du hedge fund Quellos Group, qui vient de purger une peine de quatre ans de prison pour fraude fiscale. Quant à Garrett Baur, trader du New York Stock Exchange qui risque dix ans d'emprisonnement pour délit d'initié, il entend prêcher la bonne parole - «Faites ce que je dis, pas ce que j'ai fait» - dans plus de 120 écoles avant son procès. Pas sûr que cela suffise à lui éviter la prison...

A.T

Article paru dans le n°809 de Marianne daté du 20 octobre 2012.
          

Le désert de tous les dangers

Bonjour,

Un émission du 21 octobre sur M6 ( bien tard comme il se doit )
Ce documentaire traite du drame qui se joue au Nord-Mali :
Après les révoltes Touareg pour l'indépendance du Nord, c'est le groupe islamique Ansar Dine ( apparenté à Alkaïda )
qui menace par la charia le pays tout entier ainsi que le monde occidental et la France en particulier.
Les otages ne font pas renoncer les ambitions dangereuses d'AREVA avec sa soif d'uranium où ils entament une nouvelle mine au Niger.


C'est ici:
Le désert de tous les dangers
(vous ne pouvez pas accéder directement à la vidéo: il faut suivre les instructions du message d'M6
ensuite consulter le médaillon "Exclusive"

A faire circuler Largement

Didier

vendredi 19 octobre 2012

Un cadre d'orange insulte une employée de la SNCF

Voilà comment on devient quand on a un ego tel qu'on se croit obligé d'écraser une pauvre employée de la SNCF, sous prétexte qu'on est un cadre supérieur d'Orange et qu'on finance cette assistée avec ses propres impet qu'on ne se souvient plus d'où on vient (France Télécom) qui fut aussi financé par nos impôts  avant d'être bradé au marché.
Cet individu devrait se suicider! c'est absolument un comportement intolérable.
Jugez vous même

mardi 16 octobre 2012

Alimentation: les chiffres qui font peur

Malnutrition, gaspillages, obésité, flambée des prix, réduction des surfaces agricoles... A l'occasion de la journée mondiale de l'alimentation, L'Expansion revient sur les grands déséquilibres mondiaux.

CEREALES - Depuis quelques années, le prix des produits agricoles s'emballe régulièrement. Au début de l'été dernier, les cours mondiaux des céréales affichaient des hausses de 30 à 50% sur un an.
CEREALES - Depuis quelques années, le prix des produits agricoles s'emballe régulièrement. Au début de l'été dernier, les cours mondiaux des céréales affichaient des hausses de 30 à 50% sur un an.
REUTERS/John Sommers II
L'ONU célèbre ce mardi 16 octobre la journée mondiale de l'alimentation, à Rome. Durant une semaine, les experts vont tenter d'apporter des réponses à la faim dans le monde, aux gaspillages, à la flambée des prix agricoles... Mais les défis, en matière d'alimentation, paraissent gigantesques lorsqu'on regarde les chiffres.
La faim gagne à nouveau du terrain
"En matière de faim, le seul chiffre acceptable c'est zéro", martèle la directrice du Programme alimentaire mondial (PAM) Ertharin Cousin. Mais nous en sommes très loin. Avec la crise économique mondiale, la faim gagne à nouveau terrain après 20 années de repli. Selon l'ONU, 870 millions de personnes ont encore faim dans le monde. Ce chiffre continue notamment d'augmenter en Afrique et au Proche-Orient, où il a progressé de 83 millions en vingt ans. "Si on mesurait la malnutrition plutôt que la faim, non plus le déficit en calories mais celui en micro-nutriments essentiels au développement des enfants, comme l'iode, le fer, les vitamines, les chiffres seraient encore plus considérables: on passerait au moins à 1,5 milliard", estime le Rapporteur spécial de l'ONU pour le droit à l'Alimentation Olivier De Schutter.
Dans les pays riches, c'est l'obésité qui progresse
Le contraste entre les pays riches et les pays pauvres est difficilement supportable. Aux Etats-Unis, le taux d'obésité au sein de la population adulte atteint désormais 30%. Une proportion élevée, liée aux boissons sucrées, dont la consommation a plus que doublé depuis les années 70. La ville de New York interdit d'ailleurs depuis ce mois-ci la vente de portion "géante" de sodas et autres boissons fruitées sucrées dans les restaurants et cinémas. La France est touchée, elle aussi, par ce problème. Le surpoids et l'obésité touchent respectivement 32% et 15% de la population française âgée de plus de 18 ans.
Le gaspillage n'a jamais été aussi élevé
Dans les pays développés, 40% de la nourriture produite est gaspillée chaque année, selon un rapport de la FAO publié en 2008. La chaîne Canal + diffuse mercredi 17 octobre à 20h50 un documentaire qui revient sur cet immense gâchis. Selon l'auteur de ce documentaire, plus de 16 millions de tonnes de nourriture seraient jetées par les londoniens chaque année. Et bien souvent, il s'agit de denrées alimentaires encore comestibles. En France, le gaspillage annuel par foyer est évalué 20 kilos par ans, soit environ 400 euros, contre 600 euros aux Etats-Unis et 300 euros au Japon. Mais les pays riches n'ont pas le monopole du gaspillage. L'Equateur, premier pays exportateur de bananes au monde, en gaspillerait "146 000 tonnes par an, soit quinze fois le poids de la tour Eiffel."
Le prix des matières premières reste incontrôlable
Depuis quelques années, le prix des produits agricoles s'emballe régulièrement. Au début de l'été dernier, les cours mondiaux des céréales affichaient des hausses de 30 à 50% sur un an. En février 2008, les hausses de prix étaient encore plus fortes : 84% pour les céréales et 58% pour les produits laitiers. A l'époque, le prix du blé avait atteint un record absolu, cotant à 295 euros la tonne sur le marché européen. Cette surchauffe sans précédent avait provoqué des émeutes de la faim dans plusieurs pays. l'Egypte, le Maroc, l'Indonésie, les Philippines, Haïti, Nigeria, Cameroun, Côte d'Ivoire, Mozambique, Mauritanie, Sénégal, Burkina Faso. Plusieurs facteurs expliquent ces flambées régulières : augmentation de la population mondiale, émergence d'une classe moyennedans certains pays émergents, instabilité de l'offre sur le marché planétaire, concurrence croissante des agrocarburants qui réduit la surface des cultures de produits alimentaires, spéculation autour des denrées agricoles... Selon Action contre la Faim, "environ 100 millions de personnes supplémentaires sont devenues sous-alimentées suite aux hausses des prix alimentaires depuis 2008".
Des terres cultivables confisquées
Les superficies acquises depuis dix ans par des investissements étrangersdans les pays du Sud permettraient de nourrir un milliard d'humains, autant que de personnes souffrant de la faim dans le monde, assure l'organisation Oxfam. Or, "plus des deux-tiers des transactions étaient destinées à des cultures pouvant servir à la production d'agrocarburants comme le soja, la canne à sucre, l'huile de palme ou le jatropha", indique-t-elle jeudi dans son rapport "Notre Terre, notre Vie". Oxfam précise également que les superficies concernées équivalent à plus de trois fois la taille de la France, ou huit fois celle du Royaume-Uni, à 60% dans des régions "gravement touchées par le problème de la faim". Le phénomène atteint de telles proportions que dans les pays pauvres, "une superficie équivalant à celle de Paris est vendue à des investisseurs étrangers toutes les 10 heures". Au Liberia, sorti en 2003 de plus de 20 ans ans de guerre, "30 % du territoire national a fait l'objet de transactions foncières en seulement cinq ans" et au Cambodge, les ONG estiment que "56 à 63% des terres arables ont été cédées à des intérêts privés".
Les aides de plus en plus restreintes
"Depuis la crise alimentaire de 2007-2008, de nombreux pays ont renouvelé leurs engagements à éradiquer la faim dans le monde mais dans certains cas, les promesses sont restées lettre morte", déplorent les experts. Selon Luc Guyau, le président indépendant du Conseil de la FAO, la part des investissements agricoles dans le monde a plongé en vingt ans, passant "de 20% de l'aide totale dans les années 80 à 4% aujourd'hui". Les ONG s'alarment déjà, en ces temps de récession, d'une possible réduction de l'aide alimentaire. Ainsi l'Union européenne débat actuellement de la reconduction de son enveloppe de 3,5 milliards d'euros sur sept ans, qui pourrait être réduite à 2,5 mds pour la prochaine période 2014-2020, selon un conseiller européen.

Pourquoi aller à l'école quand il est facile de trouver un job sans le moindre diplôme


Pourquoi investir dans l'avenir quand une balle dans la peau  ou la prison est l'avenir le plus vraisemblable.
L'islam s'est implanté plus facilement dans des sociétés inégalitaires Le trafic de drogue déstrucure de nombreuses banlieues. 
Le lycéen attendant son bus et  voyant  son cousin de l'école primaire  passer en BMW se pose la question. 
Le dealer remplace l'instituteur comme figure de la promotion sociale. 
Quand l'espoir économique disparaît, l'espoir religieux prend le relais  et plus que d'autres religions l'islam  est depuis ses origines une réponse  à l'insécurité et la montée des inégalités.
La crise provoque de nouvelles fractures sociales.
L'écart se creuse entre les grandes villes et les territoires ou le chômage se fait dévastateur.
La désindustrialisation, le déclin productif atteignent des zones jusqu'ici épargnées  qui s'appuyaient sur des industries locales, solides.
Voilà le bilan de nos sociétés modernes et basées sur la compétitivité (terme à la mode en ce moment).
Il est nécessaire de combattre le monde de la finance qui est la cause des délocalisation et de la désindustrialisation de nos pays.
La finance est la religion des pays occidentaux mais elle est devenue le diable des temps modernes!


          

jeudi 4 octobre 2012

lundi 1 octobre 2012

Dans la rue c'est maintenant

Octobre rouge. Ce mois qui débute risque d’être long pour le gouvernement Ayrault. Débattu demain soir par les députés, le TSCG 
Ecoutez ici
Non au traité de la rigueur
Le lundi 1er octobre 2012



Les "nonistes" de 2005 ont donc donné de la voix. Plus encore, parmi les 40.000 à 80.000 personnes décomptées dans les rues de Paris, beaucoup de "repentis" qui ont martelé à coups de slogans / chants et autres pancartes : "ce traité préconise des mesures qui auront un impact en matière de fixation et d’indexation des salaires ; de processus de négociation collective sur les régimes des retraites, sur les services de la santé ainsi que sur l’ensemble des prestations sociales." 
Des journées agitées, François Hollande et son Premier ministre vont donc en vivre encore quelques-unes. Alors que la discussion sur la loi organique est prévue le 8 et le vote le 10 octobre, se tiendra, ce même 8 octobre, un meeting européen des forces de gauche à l’espace Reuilly, faisant suite à un nouveau week-end de mobilisation les 6 et 7. 
La dynamique devrait allégrement franchir le mois d’octobre, puisque la soixantaine d’organisations fédératrices évoquent également la tenue d’une assemblée européenne des mouvements sociaux en novembre à Florence et un sommet altermondialiste en Grèce, au premier semestre 2013. 
Un reportage d’Antoine Chao, de Sarah Lefèvre et de Gaylord Van Wymeersch.